Rechercher
L'édito du secrétaire général

Daniel  FERTÉ

Secrétaire Général

Fédération FO Cheminots

Un conclave en échec, des attaques contre la sécurité sociale et un dialogue social qui déraille !

Depuis l’échec total du conclave sur les retraites, preuve s’il en fallait une que force ouvrière a eu raison depuis le départ, en quittant ce conclave dès la première réunion, dénonçant une mascarade, les déclarations se multiplient pour attaquer la sécurité sociale.

Le Medef demande le recul de l’âge de départ en retraite à 67 ans et la modification du mode de financement, suivi en cela par les divers avatars de la minorité présidentielle, le tout saupoudré de déclarations de certaines organisations syndicales laissant entendre que les 64 ans ne seraient plus un tabou et que les salariés et les retraités auraient des efforts à faire.

Comme à chaque fois le même hold-up tente de se mettre en place. D’abord on multiplie les exonérations de cotisations sociales pour les employeurs, privant ainsi la sécurité sociale de ressources, puis on crée des impôts pour compenser (TVA sociale, CSG, etc) qui sont payés par les salariés eux-mêmes, puis l’état reprend en main la gestion des caisses de solidarité ouvrière, les transformant ainsi en un budget public. C’est ce que Marc Blondel qualifiait en 1995 de hold-up du siècle.

Le Sénat a désigné en son sein une commission d’enquête transpartisane, présidée par un sénateur Les Républicains, et chargée d’établir quels sont les montants d’aides publiques versées aux entreprises, prenant pour référence l’année 2023. Cette commission a rendu son verdict  : pour l’année 2023 les entreprises ont touché la somme astronomique de 211 milliards d’euros dont 75 milliards d’exonérations de cotisations sociales.

Rappelons ici notre totale opposition à ces exonérations et rappelons que nous ne sommes pas non plus favorables à leur remplacement par l’impôt, TVA ou autre. En effet les richesses produites par les travailleurs sont dans notre société réparties entre les salaires et les profits. L’impôt légitime cette répartition en la corrigeant, tandis que la cotisation sociale modifie cette répartition au profit des salariés. La cotisation a donc à nos yeux une valeur bien plus grande.

A la SNCF, encore une fois, les négociations sont au point mort, notamment sur les salaires. Alors que depuis plus de 10 ans chaque année les augmentations générales sont inférieures à l’inflation, nous apprenons que pour l’année 2025 les négociations auraient lieu au printemps 2026 uniquement. Pendant ce temps le bilan social de la SNCF est alarmant  : hausse des accidents du travail et des arrêts maladie, dégradation des conditions de travail, hausse de l’utilisation des CDD, de l’intérim, hausse des licenciements et des mises à la réforme, souffrance de la médecine du travail, les chiffres sont implacables et illustrent pleinement l’absence de négociation dans l’entreprise et les conséquences dramatiques de la disparition des CHSCT, les CSE étant des coquilles vides.

En cette période de congés d’été, nous souhaitons de bonnes vacances à tous ceux qui peuvent en bénéficier, et bon courage à ceux qui doivent travailler pour assurer la permanence du service public de transport ferroviaire.

Nous saisissons l’occasion pour rappeler encore et toujours que le droit à congés payés est un acquis gagné par la grève générale de 1936.

Alors qu’ils sont nombreux aujourd’hui à verser des larmes de crocodiles sur les déficits publics, sur le coût du travail, sur les comptes de la sécurité sociale, sur les pseudos réalités démographiques qui imposeraient de travailler plus longtemps, il est toujours utile de rappeler ce que déclarait en 1936 la fédération patronale de l’industrie : «  les congés payés feront plus de dégâts à l’industrie et à l’artisanat que les destructions de la Grande Guerre. Dans 3 ans, la France sera ruinée. »

Voilà pourquoi pour notre part nous balayons d’un revers de main les larmes de crocodile et au gouvernement qui cherchent 40 milliards d’euros nous disons : «  il y a 200 milliards d’aides publiques aux entreprises et 150 milliards de budget pour la guerre  : servez-vous ! »