Daniel FERTÉ
Secrétaire Général
Fédération FO Cheminots
Pendant qu'ils comptent leurs milliards ou leur temps syndical, nos camarades meurent !
Ce début d’année 2026 a vu 4 de nos collègues mettre fin à leur jour en quelques semaines. Même si la direction tient à préciser que leur terrible décision a eu lieu en dehors du lieu de travail, nous ne pouvons que nous interroger : les réorganisations permanentes à marche forcée que la SNCF connaît depuis des années sont forcément un facteur de souffrance, d’inquiétude, et ne peuvent, à minima, qu’accentuer le mal-être des agents. Il ne nous reste qu’à exprimer nos condoléances aux familles, aux proches, aux collègues et espérer qu’il ne s’agit pas du début d’une vague comme en ont connu d’autres grandes entreprises.
Comme à chaque début d’année un certain nombre d’organisations non gouvernementales, d’instituts statistiques, et autres structures, publient un certain nombre de données sur la situation économique et sociale, et comme souvent ces données chiffrées sont édifiantes.
Les plus fortunés et leur représentants ont beau s’épancher sur tous les canaux médiatiques pour mettre en garde contre toute fiscalité qu’ils nomment confiscatoire, on est très loin de porter atteinte à la richesse dans notre pays. L’exemple du plus riche des Français est à ce titre frappant : si l’on confisquait 99 % de la fortune de Bernard Arnault, lui qui menaçait il y a peu de temps encore de quitter notre pays, il serait encore milliardaire.
Quelques données sont importantes et illustrent l’évolution de notre société.
Dans la France de 2026, 53 milliardaires sont plus riches que 32 millions de personnes.
La fortune des 500 plus riches a été multipliée par 14 en 10 ans. 8,4 % des Français sont en état d’insécurité alimentaire, en augmentation de 47 % depuis 2019, et le taux de pauvreté est à 15,4 %, à son plus haut depuis 30 ans (11 millions de personnes sont sous le seuil de pauvreté…).
La situation sociale est encore plus claire si on parle du patrimoine.
60 % du patrimoine est hérité contre 35 % au début des années 1970. Cette donnée vient à elle seule ruiner le mythe d’une société du mérite. Quant au patrimoine dit professionnel, pour sa part pas ou peu taxé, 5 % des Français en détiennent 95%, ce qui démystifie le mirage de la participation et de l’actionnariat salarié.
En cette année où nous commémorons les 120 ans de la charte d’Amiens,
il est bon de rappeler comme ils avaient raison nos camarades du 15ème congrès national corporatif (9ème congrès de la confédération générale du travail) lorsqu’ils affirmèrent que
le syndicalisme prépare l’émancipation intégrale qui ne peut se réaliser que par l’expropriation capitaliste. Ce combat est toujours d’actualité, on le voit au travers des données chiffrées sur l’état de la situation économique et sociale, et il convient de ne pas raconter de sornettes aux salariés que nous représentons car, comme le disait Fernand Pelloutier : « ce qui manque à l’ouvrier c’est la science de son malheur ».
Dans notre entreprise, nous avons vu dans la récente période comme certains étaient plus préoccupés par les négociations sur le temps syndical que sur les salaires des cheminots.
Nous apprenons qu’un préavis de grève unitaire a été déposé à propos de l’accord sur l’unité sociale du groupe public ferroviaire ainsi que sur les niveaux de négociation, à mille lieues des préoccupations des cheminots. Cet accord vise à maintenir artificiellement un groupe public ferroviaire au sein du groupe public unifié, de manière à définir entre amis les niveaux de négociation. La raison en est simple : sans cet accord, les discussions devraient avoir lieu en comité de groupe SNCF, où d’autres organisations syndicales sont représentées…
Peur du pluralisme, peur de la démocratie, défense de petits intérêts partisans, déconnexion des préoccupations réelles des cheminots, il est temps que chacun retrouve la raison.
Alors oui à un préavis de grève national sur l’augmentation générale des salaires et l’amélioration des conditions de travail. Sur un tel préavis FO cheminots répondra présente.
Vive la Fédération syndicaliste Force Ouvrière des Cheminots !